Rabîndranâth Tagore - Tu m'as fait connaître à des amis...
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Tu m’as fait connaître à des amis que je ne connaissais pas. Tu m’as fait asseoir à des foyers qui n’étaient pas le mien. Celui qui était loin, tu l’as ramené proche et tu as fait un frère de l’étranger.
Le cœur me faut quand je dois abandonner ma demeure coutumière ; j’oublie alors que là-bas le passé habite encore dans l’avenir et que là aussi, toi, tu habites.
À travers naissance et trépas, dans ce monde ou dans d’autres, où que ce soit que tu me guides, c’est toi, le même, l’unique compagnon de ma vie infinie qui, toujours, avec des attaches de joie, relie mon cœur à l’insolite.
Pour celui qui te connaît, nul n’est plus étrange ou hostile : plus une porte n’est fermée. Oh ! accorde-moi cette grâce : permets que je ne perde jamais cette félicité du toucher de l’unique, parmi le jeu de la diversité.(1)
1. Rabîndranâth Tagore, L’Offrande lyrique, traduction André Gide, Éd. Gallimard, coll. Poésie